La retrouvée


Un livre sur un souvenir d’enfance, un moment de bonheur absolu…

Il est sorti cette semaine, ce tout petit modeste livre couvert de ses lignes de petits points rouges de coccinelles ; il s’appelle  » La retrouvée » et est heureusement paru dans la collection bien nommée de Petite Poche chez Thierry Magnier, à laquelle je contribue souvent avec des livres qui remportent parfois un beau succès, comme : « un anniversaire-camion » ,  » avoir un ami », ou  » Fourmidable ». Le dernier était  » La revanche des papillons » autobiographique et j’y attachais grande importance parce que j’étais parvenue à lui donner le ton exact que je recherchais ; il pouvait, comme les autres, se lire à n’importe quel âge, mais il n’a pas trouvé autant de lecteurs que je l’espérais. C’est ainsi, avec les livres comme avec les enfants, chacun va son chemin et certains, à notre grand désarroi, ne remportent pas les succès escomptés, et sont loin de mener la vie que l’on désirait pour eux.
 » La Retrouvée » donc ! voici le titre de ce nouveau et bref roman ! J’en aime beaucoup le titre, que je trouve très beau ; il évoque à la fois la perte, le temps qui passe, et le cadeau que nous fait le souvenir. Pour que la lecture en soit aisée, – le lectorat de cette collection dépasse souvent l’enfance, de jeunes ados en difficulté de lecture s’en approprient certains volumes ; et même des adultes et des personnes âgées trouvent là des thèmes simples qui les touchent profondément – mon éditrice a pris grand soin de la mise en page, ne séparant pas, sur ces toutes petites lignes, les mots d’un même groupe.
La retrouvée, c’est un souvenir d’enfance qui remonte à la surface ; un homme, qui a pris une chambre dans un grand hôtel en bord de mer, évoque avec délectation, un moment de bonheur absolu auprès de sa mère, jeune et belle, et toute à lui ce weekend-là, le suivant, dehors et dedans, dans ses jeux et ses rêves.
Ce récit d’un beau moment de vie, je l’ai pensé, imaginé, pendant ces périodes de confinement où la mer, son mouvement perpétuel, l’air et le vent, nous manquaient tellement. Je l’ai rêvé aussi parce que ma mère me manquait également. Et parce que nombre de mères, en cette mauvaise saison, étaient venues à manquer à nombre de gens. Je l’ai pensé parce que tout ce qui nous reste de bonheur, un jour, ce sont nos heureux souvenirs.
Je l’ai pensé encore à cause de l’éternité et de Rimbaud. Je l’ai pensé enfin à cause du souvenir que je gardais de cette couverture d’un Folio de Gallimard qui représentait le grand hôtel des Roches Noires à Trouville où Marguerite Duras a vécu ( photo due à Erik Poulet Reney – un ami auteur-jeunesse à la voix, sur les ondes, toujours chaleureuse et, chaque semaine, fidèle chroniqueur de nos oeuvres …)
Je le crois bien réussi ( en tout cas, une amie- écrivain, pour adulte elle ! l’a qualifié de » beau et lumineux » ce qui est tout ce que j’espérais. ) et je serai heureuse que nous nous retrouvions nombreux autour de ce souvenir, source de cette histoire, et d’autres souvenirs de la même veine, lumineux et tendres…

Ci-dessous, si ça marche, le lien vers la couverture du Folio que j’évoque, avec la photo due à Erik.

https://www.librairie-gallimard.com/livre/9782070416264-yann-andrea-steiner-marguerite-duras/

Et la chronique radio de Couleur Papier qu’Erik Poulet Reney vient de lui consacrer. Grand merci à lui pour cette lecture.

LA GAZELLE DE LA RUE BARBE t.4


Le tome 4 de la Rue Barbe est sorti depuis quelques semaines déjà, et je me laisse déborder ( je suis en train d’écrire le tome 5 ! )
C’est une belle aventure qui se poursuit. Notre petite bande d’enfants a rédigé un journal de Noël, chacun en a écrit un article, selon ses goûts : recette, blagues, article sur l’origine de Noël, Mystère dans la rue, etc. Un défilé de mode dans la neige, filmé par Jade qui ne tenait pas à défiler, l’arrivée inopinée de la sorcière qui se fera bombarder avec les moyens du bord, Nino qui se révèle preux chevalier, et toujours, le mystère qui tourne autour de l’enfant inconnu, ce petit Dimitri que seule Léa observe.
Noël sera-t-il l’occasion- malgré le froid !! – de se découvrir ?
Une belle mise en images de ma complice Irène Bonacina. Avec elle tout se déroule en belle légèreté. La finesse de son trait rend cet épisode doux et léger, enchanté, comme la neige qui tombe sur la rue et embellit tout ! « Jusqu’aux crottes de chien qu’elle transforme en meringues ! comme le remarque ce gourmand de Nino ! »
On vous attend, rejoignez la bande !

George Sand, l’audacieuse


La voilà enfin, ma George, à mettre entre toutes les mains à partir de 8 ans, dit Marie- Claude, la très aimable éditrice de cette collection Doc chez Bayard !
Une petite collection format poche où vous pouvez trouver une histoire biographique, et 5 pages purement documentaires qui ponctuent les chapitres. Assez d’illustrations pour que cela ne soit pas ennuyeux ( enfin, c’est le but ! ) Ici, elles sont de Beya Rebaï. Des titres divers, en littérature, en arts, en sciences, en histoire, allez y voir !L’intention : donner envie aux enfants de s’intéresser plus avant à cette discipline, à cette personne, à cette époque. Format poche, passe-partout, facile à trimballer !
L’histoire de vie est brève : difficile d’écrire une longue et riche vie en si peu de pages, une vraie gageure, il faut sans cesse faire des choix, ne surtout pas vouloir tout et trop en dire. Ce n’est pas le but qui est plus modestement d’éveiller l’intérêt.
J’ai beaucoup aimé me plonger dans l’histoire de sa vie, son autobiographie. J’ai lu quelques livres qui la racontaient bien, aussi : celui d’ André Maurois : Lélia, ou la vie de George Sand, George Sand à Nohant, de Michelle Perrot, passionnant, et une bio de George par Martine Reid, très vivante… Un hors série du Monde lui avait été aussi consacré. Et puis j’ai trouvé, en vacances, un énorme album des recettes servies à Nohant  » à la table de George Sand », avec des photos superbes de Nohant et des mets alors dégustés par la multitude de convives tous dignes de figurer dans le Bottin de l’époque : Musset, Liszt, Chopin, Delacroix, Flaubert et j’en passe !
George profonde ! est bien, comme elle se dit elle-même, l’enfant de son siècle, qui  » a bu à toutes les sources de vie et de mort ». Une auteur ( avec un e si vous y tenez ! ) dont on n’a souvent retenu que les extrêmes, ce qui la rendait scandaleuse, et ce qui la rendait « bonne dame ». J’ai découvert une bûcheuse extraordinaire, une femme de grande et bonne volonté, à l’enfance poignante, une amoureuse très libre, une écrivaine à la fois très imaginative et très réaliste, soucieuse de sortir de l’ombre ceux que les arts oublient, qui mena sa vie avec panache, seulement dépendante des élans de son coeur.


Bonne année 2022.

Qu’en ces mots vous abordiez terre d’amitié.
… et merci aux Moody Blues….

J’ai aimé m’en aller par les collines…
J’avais vingt ans et l’air était si doux !
Je chantonnais Night in white satin
Never reaching the end, and I love you…

Je me couchais solitaire intranquille,
sur un frais tapis d’aiguilles de pin ;
mon coeur me dictait des mots si fragiles
que je n’osais les écrire de ma main.

Je les confiais à la rivière et au vent.

Je voulais qu’il me fût doux d’être au monde,
entendre et en chanter toutes les voix,
corps et âme emportés par la même onde,
flux de mes rêves, eau d’azur, tendre émoi.

Puis j’ai quitté les vallons et les champs,
verts feuillages, mélancoliques rivages,
berceau de mes souvenirs d’enfant,
j’ai fui ! Comme l’oiseau fuit hors la cage !

A coups d’ailes tremblants j’ai fendu le ciel.

Je ne savais pas si les mots me suivraient…
S’ils traverseraient avec moi les mers,
ou si je les perdrais dans les forêts,
dans les nuages, les orages, les déserts…

Quand je serai sans force, honteuse, défaite,
m’aideraient-ils à reprendre mes combats,
incandescents, précieuses allumettes,
lueurs étranges dans la nuit qui s’abat ?

Ils ont choisi de rester près de moi…

Grâce à eux je peux traverser les feux,
les glaciers les abîmes et les miroirs
écarter les montagnes – un petit peu –
et partager avec vous ces menues victoires.

Car les mots nous suivent, in white satin,
cry for love et tout ce qui est perdu.
Ils portent loin les beaux jours des collines,
et ceux confiés au vent, voix éperdues.

Petit rappel, garanti sans virus !

C’est aujourd’hui, dimanche 5 décembre, de 10h00 à 12h30 ! large créneau ! qu’Irène Bonacina, la talentueuse illustratrice de la série de la Rue Barbe, et moi- même en chair et en os et avec un beau chapeau qui ressemble à une fraise écrabouillée, dédicaçons nos livres au Salon Jeunesse de Montreuil ! Au premier étage, stand Bayard D33 ( je crois)
On vous y espère, on vous y attend !
Bises virtuelles
Ah, et au fait, merci de vous être jetés sur ma vidéo home-made du NOUS demandée par ce même Salon, déjà citée dans cet Agenda, article précédent sur Montreuil, et visible sur Youtube, ça m’a permis de ne pas passer pour une andouille auprès de mes petits enfants chéris !

MONTREUIL and so on

Alors, quelques nouvelles :
je serai présente sur le Salon de Montreuil cette année et m’en réjouis, espérant y retrouver enfin quelques amis perdus de vue depuis la pandémie.
D’abord le jeudi 2 décembre au matin, avec mon amie Jo Witek et son Clan des Cabossés, je rencontrerai des petits champions de la lecture, quelle joie ! pour parler de ma série des Neuf de la rue Barbe dont le tome 4, la Gazelle de Noël vient de sortir, tout beau, tout neuf, superbement illustré par Irène Bonacina dont la fantaisie et le trait léger n’est pas le moindre attrait de la série !
Les Neuf de la Rue Barbe sont pile poil raccord avec le thème du Salon : Nous !
Puis le dimanche 5 décembre, avec Irène, justement, nous signerons cette série au stand Bayard, de 10h à 12h30, un large créneau qui nous permettra, on l’espère, de rencontrer tout plein de nos jeunes lecteurs fans de la Rue Barbe, et auxquels de futures activités autour de la série, seront proposées sur le site de Bayard.
Vous pouvez venir nombreux, les auteurs jeunesse ont de grands bras très élastiques pour embrasser tout le monde !

En février et en presse sortira fin janvier un Belle Histoire chez Bayard dont j’ai imaginé l’histoire et les illustrations féériques de Nathalie Novi autour d’un petit cirque cheminant dans l’hiver, éblouiront les jeunes lecteurs !
Et puis sortira un « petite poche » chez Thierry Magnier, cette collection à laquelle je suis abonnée et je lui offre des textes auxquels je tiens comme à la prunelle de mes yeux : celui-ci  » La retrouvée », en fait partie. Je l’aime infiniment et ne remercierai jamais assez Thierry de le publier exactement tel que je l’ai écrit, sas y changer un seul mot, une seule virgule, rien.

Je suis en train de travailler un roman assez long, plus long que tout ce que j’ai écrit jusqu’ici, mais mon ordi m’a joué un tour de cochon en me bouffant 5heures de travail et de corrections géniales, me plongeant hier dans une colère noire, et désespérant mon fils qui tentait, à distance, de m’aider, alors que je martyrisais le clavier et toutes ces étiquettes qui s’affichaient pour me proposer mille choses dont je me foutais comme de l’an quarante et rien de ce que je cherchais !
Mais, heureusement, tout plein d’autres textes vont être publiés, six ! il y en a de prévu jusqu’en mars 2023 ! Autant dire que je risque de recevoir mes exemplaires en EHPAD et d’être incapable de les lire !

A bientôt, donc, d’une façon ou d’une autre.

Ah et puis, cerise sur le gâteau de jo, une vidéo que j’ai improvisée toute seule devant mon écran, demandée par le Salon en vue de rencontres à distance avec les collégiens qui ne pourront se déplacer, sur le beau thème de ce Salon de Montreuil : NOUS. Elle est sur Youtube, ce qui, pour mes petits enfants est preuve absolue que leur grand-mère n’est pas une tocarde ! Votre indulgence est requise, j’étais déjà bien contente que mon petit fils de 10 ans ait su me mettre la caméra !!!

https://youtu.be/5ebpiZipbwA


Le musée des redditions sans condition par Dubravka Ugresic.

Pardon pour les accents qui manquent sur le nom de cette auteur, et que je ne sais comment obtenir sur mon clavier ; un petit v au-dessus du s et un accent aigu au-dessus du c !

Dubravka Ugresic est croate ( l’on me signale en quatrième de couverture qu’elle y est un écrivain majeur ! ) mais je n’avais ni entendu par ni rien lu d’elle. Ce livre en fut une belle occasion et je l’ai beaucoup aimé.
« Le Musée des redditions sans conditions  » est aussi une histoire d’exil – comme  » Les déracinés » dans mon article précédent. Il faut croire que mon petit exil volontaire estival en Charentes maritimes m’a inspiré l’envie de lire des récits d’exils plus radicaux, plus nostalgiques… A qui et à quoi avais-je, en fait, envie de dire adieu, c’est une autre histoire…
Dans ce livre très hétéroclite ( on s’y perd un peu mais ce n’est ni grave ni désagréable ) on passe d’une époque à l’autre, d’une femme à une autre – la mère et la fille- de Zagreb à Berlin en passant par Belgrade. On traverse plusieurs époques et toute l’ex Yougoslavie. Comme si on ouvrait et refermait sans cesse des valises, vrais départs, errances, détours, faux retours, souvenirs emmêlés. On perd la notion du temps qui passe, les liens se font et se défont, le souvenir se perd, se retrouve, on s’interpelle en une langue, en une autre, une montagne d’anecdotes, de souvenirs et on ne fait pas le tri. Il faut tout sauver.
C’est aussi un texte sur la force des femmes, sur leur désir toujours insatisfait de trouver le bon chemin, le meilleur chemin qui va de ceux qu’on aime à soi, et vice versa. Ce sont les fils secrets qui relient mères et filles, amies, qui les FONT mères et filles, amies, et le temps passant, la mémoire élastique de ce qui les relia ( livres, films, maisons, repas, visites, promenades, amours, tous ces passages qui sont aussi des frontières ).
C’est un livre de bric et de broc, souvent très drôle, inventif dans sa forme comme dans son contenu que l’auteur compare d’ailleurs à ce qu’en 1961, on trouva dans le ventre de Roland ! L’éléphant de mer du zoo de Berlin qui venait de mourir, et donc l’estomac était un vrai inventaire à la Prévert !
Malgré son caractère protéiforme, le texte sonne toujours juste et il est donc remarquablement traduit.
Et puis, j’ai aimé qu’au coeur de ce vertige provoqué par la longue chute dans le temps qui passe, on se raccroche à la tendresse et à la compassion qui l’accompagnent : tendresse et compassion pour ceux qui aiment, ceux qui ne sont pas aimés, la jeunesse, la vieillesse, ceux qui se sentent seuls, ceux que leurs souvenirs attristent, ceux qui pensent trop, ceux qui ont peur, ceux qui lâchent tout…
On est tous des exilés, des rescapés, on cherche tous la veilleuse, la merveilleuse petite lumière d’espoir dans le noir.
C’est un livre où les regrets vous tombent dessus tout doucement, comme tomberait, à l’automne, une tardive et douce pluie de printemps.

LES DERACINES par Catherine Bardon

J’ai beaucoup lu, ces derniers mois, mais peu écrit sur ces lectures. Je vais essayer de rattraper un peu ce retard pour ceux que mes choix et ce que je peux en dire intéressent.
Un de ces livres  » Les déracinés » écrit par Catherine Bardon, devrait plaire à un grand nombre d’entre vous. Il est paru en format poche … et plus de 750 pages ! Mais pas d’affolement : on le lit comme un feuilleton, le début d’une saga, on tourne les pages sans s’arrêter, on ne peut quitter ces personnages attachants, ni leur histoire si romanesque.
Je ne le savais pas, mais un premier kibboutz est né en République Dominicaine, en 1940 ! Peuplé d’émigrants juifs allemands, autrichiens, tombés là par hasard après un long et périlleux voyage, et s’être faits refouler par les Etats Unis où ils désiraient se réfugier, loin de la terrifiante barbarie nazie qui régnait dans leur pays d’origine. C’était une destination par défaut, mais ils y furent généreusement accueillis, et ces pionniers tombèrent rapidement amoureux de ce magnifique pays tropical, luxuriant, hédoniste et gai. ILs s’ installèrent dans un endroit dénommé Sosùa et tous ensemble, courageusement rebâtirent leurs vies sur ce nouveau rivage, et sans jamais oublier leurs racines, sur ce nouveau continent, surmontèrent la tourmente dans laquelle l’Histoire les avait entraînés, et construisirent énergiquement la suite de leur histoire, apaisée.
L’auteur, Catherine Bardon, se dit amoureuse de la république dominicaine qu’elle a beaucoup parcourue en voyageuse et photographe. Ce livre est à la fois un roman et un récit très inspiré de personnes et faits réels, et bien sûr, des sombres évènements historiques de cette époque. Elle en donne à la fin, un sommaire très précis. Les personnages, inventés, sont généreux et nous emmènent avec eux comme des compagnons de route ; ils sont sympathiques, pleins d’élan, nous font partager leurs difficultés d’intellectuels à devenir constructeurs et paysans, mais aussi ce qu’il y a d’exaltant à tout repartir de zéro, à tout recommencer – comme l’espéraient de tout coeur et de toute leur âme, ceux qu’ils ont dû laisser agoniser dans la tourmente européenne.
On y suit surtout la vie d’un jeune couple, celui formé par Almah et Wilhem, sur un bonne moitié du livre, ils sont encore à Vienne, cette ville éclatante d’art et de culture où ils adorent vivre, d’abord heureux, amoureux, jeunes mariés d’un milieu très favorisé, et puis le temps y devient affreusement lourd, oppressant, mortifère, ils ne s’y résignent pas, s’y débattent, jusqu’à l’inévitable rupture et la fuite. On les suit dans leur interminable voyage, on partage leur immense fatigue, leur affreux chagrin, et puis, bientôt, la nouvelle énergie, sublime, qui naît de ce nouveau pays composé d’une variété de plantes, de couleurs, de douceurs, de beautés infinies dont, unis, rassemblés par la même misère, ils vont nourrir leurs pauvres corps et coeurs fracassés.
Jusqu’à ce qu’ils redeviennent, – et c’est là, je trouve la belle et forte idée de ce livre – au fil du temps et des années qui passent, finalement, des personnes très ordinaires…

C’est un livre parfait pour se dépayser, découvrir cette curieuse histoire, méconnue, de cette colonie juive qui s’est inventée là où personne ne l’attendait, et puiser dans cette histoire un peu de cette force et de cette énergie dont tous les protagonistes font preuve en des temps où l’adversité se montrait encore bien plus inventive qu’à présent…

Cerise sur le gâteau, en milieu de parcours, nous avons le plaisir de contempler les photos des évènements et des lieux et des gens, à cette époque et puis maintenant, les vestiges du récit. Une sorte de visite archéologique de l’endroit et de la vie de ceux qui l’animèrent.

Je lis que ce volume, qui se termine sur un extrait du journal de Ruth, la fille du couple mythique d’Almah et Wilhem, a eu une suite, où l’on peut la retrouver, et c’est la promesse d’un nouveau bonheur de lecture ! Cette suite s’appelle « l’Américaine » !

EFFACER L’ARDOISE

Je viens de m’acquitter d’une petite dette envers la si ingénieuse amie à qui je dois la création de mon site et à qui, du coup, je ne sais pas bien pourquoi, le gestionnaire du site adresse parfois ses comptes !
Et contente de l’avoir fait illico presto, je me suis exclamée in petto ! Ardoise effacée !
Et je me suis arrêtée sur ces mots. Car cela faisait belle lurette que je ne les avais ni vus, ni lus, ni employés nulle part, ces mots si souvent entendus autrefois. Appartenaient-ils à un autre monde, dépassé ? N’y a-t-il plus d’ardoise, plus rien que des écrans d’où rien ne disparaît tout à fait même quand on le croit, où rien ne s’efface vraiment ?
J’aimais beaucoup, enfant, effacer la grande ardoise du tableau – non avec l’éponge sèche employée maintenant,( et encore de moins en moins avec l’arrivée des tableaux électroniques !) mais avec l’éponge trempée, bien essorée, qu’il fallait passer horizontalement, de haut en bas, sur la surface noire ou verte, et bien régulièrement, soigneusement, pour ne pas laisser de vagues traces blanchâtres un peu dégueu. Mes petites camarades de classe adoraient aussi effacer le tableau, on s’en disputait le privilège – et certaines maitresses instituaient donc un tour pour ça, d’autres s’en servaient comme d’une carotte, une récompense.
Le tableau effacé, c’était la journée terminée, et tout ce qui avait été difficile, moche, nul, effacé aussi. Demain pouvait arriver et serait un autre jour, promesse de bonheur possible et toujours renouvelé.

C’était très chouette aussi d’effacer notre petite ardoise personnelle, qui ressemblait pas mal, finalement, aux tablettes de maintenant mais dont le prix, dérisoire, n’avait évidemment rien à voir ! On l’effaçait avec une jolie petite éponge ronde, en mousse très douce, blanche, bleue ou rose qu’on gardait dans la petite boite adéquate, bien humide. Sur l’ardoise, on écrivait le chiffre demandé en réponse à l’opération proposée. Ou le verbe conjugué à la personne et au temps requis. Toutes les ardoises levées, la maîtresse jugeait d’un regard qui balayait toutes les ardoises, et donnait la réponse ; celles qui avaient faux se dépêchaient d’effacer leur erreur – un coup d’éponge et hop là, ouf, disparu, ça ne se voyait plus !
Alors que sur le cahier, la gomme ne parvenait pas au même effet, loin de là ! Elle salopait la ligne, voire davantage, pouvait même, si on était maladroit, ou si c’était jour de malchance, faire un trou dans la page ! Et l’erreur effacée continuait alors de se voir tout autant que le bouton de la varicelle passée !

« Effacer l’ardoise, » je l’entendais souvent aussi au bar-restaurant tenu par mes parents : certains clients avaient » une ardoise longue comme le bras » ! soupirait papa qui avait rarement le coeur d’en exiger le paiement ou de virer le mauvais payeur… Mais quand, en fin de semaine, de mois, ou grâce à un bon choix du canasson aux courses du dimanche, le client, tout content de s’acquitter, s’exclamait : « – Effacez l’ardoise ! » en sortant les billets, c’était fête ! Et tout le monde buvait un coup pour remercier le patron, le canasson et la vie en général qui n’est pas si mal quand elle finit par vous donner ce qu’elle vous doit !
Alors je me dis que, peut-être, ce ne serait pas idiot de dépoussiérer l’expression et de la ressortir aujourd’hui. A entendre les uns et les autres, à m’entendre moi-même, rouspéter, râler, regretter, me chagriner, mal calculer et m’en mordre les doigts, croire que et puis non c’était pas ça, être déçue et décevoir, critiquer, ressasser… oui, peut-être qu’il serait bon, qu’un jour par semaine, par mois ou par an, on arrête de brandir nos ardoises pleines de chiures et qu’on les efface, d’un joli, d’un gracieux coup d’éponge !
Disparus les dettes en tout genre, les mauvais procès, la mauvaise réponse à la bonne question, ou le contraire qui revient au même, la justification bidon, l’addition des soustractions, la multiplication des divisions, la dette éternelle !
Et sur l’ardoise brillante, comme neuve, comme au premier jour de CP mais en un peu mieux préparés, on recommence, on reprend, leçon reçue, leçon comprise, sans erreur ! …ou presque, car parfois l’erreur est si drôle, si jolie…
Du moins y écrirait -on sa vie et son oeuvre sans peur de se tromper puisqu’on pourrait effacer.

mes prochaines parutions pour fin 2021 et 2022


fin 2021 Le tome 4 de la rue Barbe sortira sous le titre de  » La gazelle de Noël ». chez Bayard.

J’ai également eu le plaisir de recevoir, pour cette série, juste avant l’été, le prix du Touquet Paris-Plage, qui m’avait été décerné en 2020 mais qui n’a pu m’être remis que l’année suivante et ce, grâce à l’obstination des organisateurs qui n’ont jamais voulu l’annuler ! Merci à eux !

Par ailleurs, en presse Bayard je serai l’heureuse auteur du Belle Histoire de Noël qui promet d’être magnifiquement illustré par mon amie Nathalie Novi. L’album est un conte de marionnettes perdues dans une forêt enneigée où rôde un loup…

En février, va paraître chez Thierry Magnier, dans sa célèbre collection Petite Poche, un texte bref, auquel je tiens beaucoup, écrit d’une traite,  » inspiré » ! Il s’appelle  » La retrouvée ».

Sont prévus deux albums au Père Castor Flammarion ; un grand, et un petit :  » Oh, les beaux châteaux » et  » Mon père-hélicoptère » ( mais ce dernier titre n’est pas définitif…)

Ressortie dans une nouvelle collection, chez Flammarion, de l’album très aimé des petits, si bien nommé  » Boudi-Boudin » un best seller !

Chez Bayard, un album : « la maison-maman, » est en chantier.
Et un autre projet devrait voir le jour ensuite : « Lololita. » Pour le moment, recherche de l’illustrateur ou trice.
Pour Tralalire, chez Bayard, toujours : « de drôles de petits moutons »
Et encore dans cette même maison d’édition, un roman pour les 8 – 10 ans :  » Un oiseau dans la classe » dont je reparlerai le moment venu.

Et, j’allais oublier alors qu’il m’a donné à la fois grand plaisir et grand mal, un bref roman biographique tiré de la vie de George Sand dont j’ai dévoré l’autobiographie de 830 pages ! en livre de poche, justement intitulée « Histoire de ma vie ». Ce fut une belle découverte, assez loin du souvenir vague que m’avait laissé le survol de son oeuvre, lors de mes études secondaires. Elle méritait bien mieux que cela, la brave George, féministe, écologique ! libre ! Ce sera « George Sand, l’audacieuse. » J’aurais aimé le titre :  » Plume et pantalons ! » que je trouvais sonner moderne et drôle, mais comme ça paraît en doc. ça ne faisait pas assez sérieux !

Par ailleurs, j’ai appris avec grand plaisir que le livre comprenant ces deux textes : « Petite » et « Les Nivuniconnus » sorti aux éditions du Pourquoi pas? est sélectionné pour le prix Janusz Korczak dont le thème est : Bienvenus ! Il y aura peut-être quelques visites de classes…

Et voilà tout ce que je peux vous annoncer pour le moment, tout plein de beaux projets qui devraient donc se réaliser dans l’année qui vient si le grand Covid ne nous croque pas !